Les somnifères ? Toujours utiles ?

Les somnifères ? Toujours utiles ?

Les somnifères sont des médicaments qui diminuent l’éveil, facilitent l’endormissement ou contribuent au maintien du sommeil. Selon le monitorage suisse des addictions, près de 8% de la population suisse consomme plus ou moins régulièrement des somnifères. L’évolution de cette consommation est néanmoins restée stable depuis 1992. Bien qu’il s’agisse d’un médicament sous prescription médicale, son usage est souvent accompagné d’effets non désirables.

Quels sont les médicaments utilisés contre l’insomnie ?

Les hypnotiques, appelés plus couramment somnifères, sont des médicaments sous prescription utilisés pour lutter contre les insomnies. Ils permettent de diminuer l’anxiété et de favoriser le sommeil. C’est d’ailleurs pour ces vertus anxiolytiques qu’ils sont parfois prescrits de manière pas toujours justifiée à des personnes présentant des signes de dépression. Ces médicaments sont efficaces mais doivent être utilisés avec précaution. Le traitement médicamenteux doit être de courte durée et adapté aux troubles du patient.

Les somnifères hypnotiques de la famille des benzodiazépines sont les plus prescrits à travers le monde, ils tiennent une place particulière parmi les substances psychoactives. Les benzodiazépines agissent d’une manière fiable directement sur le système GABA. Le GABA est le neurotransmetteur inhibiteur le plus important du cerveau. Il agit comme un frein et empêche la transmission de stimulations dans les cellules nerveuses. Ainsi, les benzodiazépines se fixent sur les récepteurs à GABA pour en potentialiser l’action en augmentant l’affinité entre le récepteur et l’hormone GABA. Ces somnifères sont efficaces mais doivent être utilisés sous certaines conditions, notamment en termes de durée du traitement. En effet, lorsque ce type d’hypnotique est pris à long terme, il provoque une accoutumance souvent accompagnée d’une dépendance. Sur le plan mental, la demande de ces somnifères est de plus en plus forte car elle est rassurante pour le patient. Or l’accoutumance va avoir comme conséquence une consommation toujours plus forte. La dépendance physique provoquera quant à elle, des symptômes de sevrage en cas d’arrêt. Dans un tel cas, les symptômes traités par ces somnifères vont se manifester avec plus d’intensité qu’auparavant créant un cercle vicieux.

De plus, pour que ce traitement soit efficace, il implique une présence suffisante de molécules GABA dans le système nerveux. Il est donc nécessaire d’apporter suffisamment de précurseurs et de cofacteurs indispensables à sa synthèse. Ainsi, une personne très stressée ou consommant peu d’aliments riches en magnésium (un cofacteur indispensable et qu’on ne peut bio synthétiser) verra l’efficacité de son somnifère largement amoindrie.

Les antihistaminiques H1, utilisés pour traiter les allergies, peuvent parfois aussi être utilisés comme hypnotiques. Ils contiennent du chlorhydrate de diphenhydramine qui possède les mêmes propriétés que les sédatifs. Le médicament agit sur le cerveau de façon à ce que l’individu ressente l’envie de dormir. Ils provoquent une action antagoniste sur les récepteurs cérébraux de l’histamine (H1) intervenant dans la régulation du réveil. Ils provoquent ainsi une diminution du nombre de réveil et une augmentation de la durée globale de sommeil. Généralement, les effets des sédatifs disparaissent après 7 à 8 heures.

La prise d’hypnotiques pour lutter contre les insomnies est susceptible d’engendrer des effets secondaires contraignants. Juste corriger ce passage : La prise d’hypnotiques pour lutter contre les insomnies est susceptible d’engendrer des effets secondaires contraignants. Ces effets sont dose-dépendants et leur prise doit être surveillée par un médecin pour limiter les risques de dépendance notamment. Or diverses solutions alternatives validées scientifiquement existent comme les thérapies cognitivo-comportementales et la phytothérapie.

Les solutions alternatives à la prise d’hypnotiques

Une étude épidémiologique publiée dans le British Medical Journal concluait que les usagers chroniques de somnifères connaissaient un risque de décès trois fois supérieur à la normale. Depuis 2011, l’Office fédéral de la santé publique a lancé le monitorage suisse des addictions qui a pour mission de récolter des données sur la dépendance des substances psychoactives. La prise de somnifères et de tranquillisants est étudiée au même titre que le tabac, l’alcool, le cannabis. Ainsi, avant de prendre des substances chimiques, il est souvent préférable d’essayer des méthodes alternatives pour retrouver le sommeil.

On peut par exemple s’orienter vers la phytothérapie. Le houblon, la mélisse et la valériane ont des vertus sédatives prouvées scientifiquement. L’activité sédative des extraits de houblon par exemple a été confirmée par une étude ouverte sur 225 volontaires. Et, de façon générale, l’alimentation est un élément essentiel pour un sommeil de qualité. En effet, elle influence directement la production des neurotransmetteurs responsables de l’influx nerveux, dont dépendent entre autres l’état de fatigue, l’humeur et l’endormissement.

La thérapie cognitivo-comportementale est une autre approche non médicamenteuse qui porte ses fruits et qui ne comporte pas de risques. Elle est concrète et basée sur une approche multifactorielle adaptée à chacun. Les thérapies de contrôle du stimulus sont basées sur l’hypothèse que l’insomnie est une réponse conditionnée à des stimuli temporel (heure du coucher) et environnemental (lit/chambre à coucher) habituellement associés au sommeil. L’objectif principal de cette approche consiste à entraîner le patient insomniaque à réassocier le lit et la chambre avec une latence d’endormissement courte, en réduisant toutes les activités incompatibles avec le sommeil, et à renforcer le respect d’horaires veille/sommeil réguliers. La thérapie cognitive vise à modifier les pensées erronées et les attitudes incompatibles avec un bon sommeil, qui risquent d’alimenter le cercle vicieux de l’insomnie. En effet, les patients insomniaques présentent souvent beaucoup d’appréhension vis-à-vis du coucher, ainsi que de l’anxiété de performance dans leur tentative de reprendre le contrôle sur leur endormissement. Le but de cette thérapie consiste à court-circuiter le cercle vicieux insomnie – stress émotionnel – cognitions dysfonctionnelles – troubles du sommeil.

Par Audrey Charial, nutritionniste et micro-nutritionniste


Comments

  1. JOLIQUIN Catherine Says: mai 26, 2016 at 10:29

    Mais, une thérapie cognitivo-comportementale est certes très bien et recommandée, mais on ne change pas ses habitudes tac,comme ça, d’un claquement de doigts. Donc entre la période où on l’on débute la TCC et sa réusiite complète, en tout cas chez moi, il se passe un temps non négligeable. Donc, je pense que l’on devrait pour un certain temps encore prendre en parallèle, des hypnotiques eet autres sédatifs. Mais lesquels, car moi, le Stilnox 10 mg ne me fait plus rien, pas plus que sa forme retard, idem avec le Remeron que j’ai arrêté très vite car il me faisait « bouffer », n’importe quoi, à n’importe quelle heure du soir jusqu’au dernier moment où je décide de poser ma tête sur l’oreiller. Et moi qui suis déjà en Obésité, je n’ai pas en plus besoin de ça. Et j’ai trouvé ma généraliste très empruntée pour répondre à ma demande de changement de médicament, car elle n’a pas l’air très au point sur ce qui existe de nouveau (par ex. tous ceux qu’elle a en tête, font grossir) alors est-ce qu’il y en a un ou plusieurs qui, dont les fabricants se sont mis à la page, et arrête de produire des médocs qui sont pas seulement, mais grandement responsble de l’ouverture de l’appétit à des heures anarchiques) ??

    Plus qu’un simple commentaire, j’attends une réponse peersonnalisée à cette derière question.

    Si qq pouvait m’envoyer un petit mail avec son avis et ses idées ça me serait très utile, et je remercie cette personne de tout mon coeur. Car j’en ai marre de souffrir à la fois d’une structure du sommeil totalement anarchique ainsi que de compulsion boulimique.

    MERCI 10000000x donc si un ou une Dr pouvait me répondre.

    Dans l’espoir que ce commentaire va aboutir à une réaction de vous, l’équipe professionnelle du CENAS, je suis d’ores et déjà suspendue à ma messagerie pour voir si qqn a pu me répondre.

    D’ici-là, recevez Toutes et tous, mes plus sincères salutations et remerciements.

    Cj

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