Les troubles du sommeil dans la maladie d’Alzheimer

Les troubles du sommeil dans la maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer fait partie des maladies neurodégénératives dont on parle fréquemment sans pour autant connaitre l’origine de son apparition. Elle concerne 6 % de la population mondiale âgée de plus de 65 ans. Cette maladie deviendra l’un des plus grands défis dans les années à venir. Le lien entre cette pathologie et le manque de sommeil a été mis en avant depuis diverses années. En effet 40 à 70% des personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer sont aussi victimes de troubles du sommeil. Plus récemment une étude de l’Université de Berkley en Californie a remarqué que le manque de sommeil favoriserait aussi la maladie d’Alzheimer.

Pourquoi le sommeil influe-t-il sur notre cerveau ?

Le sommeil joue un rôle primordial dans notre vie, il est estimé que nous passons un tiers de notre vie à dormir. Ce moment de repos est crucial, différents mécanismes permettent de recharger les batteries, consolider notre mémoire ainsi que d’améliorer nos facultés d’apprentissage lorsque l’on dort. Le sommeil est d’une importance toute particulière sur le bon fonctionnement du cerveau, notamment sur sa capacité à se régénérer. A partir du moment où le corps se met en veille, le cerveau procède à l’élimination des toxines accumulées pendant la journée. Il devient alors indispensable de dormir suffisamment de temps pour libérer la plus grande quantité possible de toxines. En 2013, des scientifiques de l’Université du Rochester Medical Center, dans l’Etat de New York ont découvert que l’espace intercellulaire s’élargissait énormément (60%) pendant les périodes de sommeil. Ce qui permet une meilleure transmission du liquide céphalo-rachidien en direction de la moelle épinière, ce mécanisme servant à libérer le cerveau des toxines emmagasinées tout au long de la journée. Ces toxines sont créées tout au long de la journée par le corps et augmenteraient le risque de l’apparition de la maladie d’Alzheimer. Cette théorie a pu être prouvée en 2009, des chercheurs de l’université Washington à St-Louis ont montré que les plaques amyloïdes associées à Alzheimer se développaient plus rapidement dans le cerveau de souris privées de sommeil. Il est donc extrêmement important de dormir suffisamment afin de libérer un maximum de toxines et de ne pas précipiter l’arrivée de la maladie.

La maladie d’Alzheimer

La maladie d’Alzheimer est une maladie dégénérative du cerveau ou s’accumulent des substances chimiques anormales responsable de la détérioration progressive de la mémoire et des capacités intellectuels. Il n’existe pas de traitement curatif à proprement parlé mais les dépistages précoces de la maladie sont porteurs d’espoirs. L’idée est que les malades puissent vivre avec des syndromes légers et peu handicapants lorsque la maladie est prise en charge tôt. Elle se caractérise par une accumulation anormale dans le cerveau d’une protéine appelée peptide bêta-amyloïde. Cette accumulation de protéines conduit à la formation de « plaques amyloïdes », également appelées « plaques séniles ». La conséquence de la maladie sur la qualité du sommeil est reconnue. En revanche le cheminement inverse est de plus en plus étudié. La présence de cette substance dans le cerveau humain est un bon indicateur de la présence de la maladie mais aussi de l’évolution de cette pathologie. En 2013 , Jeffrey Iliff découvre que le manque de sommeil est en fait un accélérateur de l’apparition des plaques associés à la pathologie. C’est donc une double peine pour les personnes souffrant de troubles du sommeil car elles seraient plus à risque de contracter cette maladie neurodégénérative. En revanche la récente preuve d’un stage silencieux de la maladie d’environ dix années, où aucun signe clinique ne se déclare, mais dont les marqueurs biologiques sont observables, créée des opportunités pour l’amélioration et l’accélération de la détection précoce de la maladie d’Alzheimer.

Qui dort bien protège son cerveau

Ces récentes découvertes permettent une fois encore de mettre l’accent sur l’importance du sommeil dans le bon fonctionnement de notre organisme et dans la prévention de pathologies sérieuses. Rappelons que les troubles du sommeil sont l’un des premiers motifs de consultation en médecine générale et en psychiatrie. Pendant de longues années, le traitement le plus fréquent était la prescription de somnifères (benzodiazépines), utilisés aussi pour les cas de dépression ou d’anxiété. Nécessaire et utile dans certains cas, notamment pour les insomnies aiguës, cette approche présente cependant plusieurs désavantages. Outre les risques de dépendance, il est important de parler du rôle des benzodiazépines dans la genèse de la maladie d’Alzheimer : il existe une corrélation entre leur emploi sur une durée de plus de 3 mois et la survenue de la maladie et cette corrélation. Une étude française publiée dans la dernière édition du British Medical Journal le confirme :

  • Une prise quotidienne pendant 3 – 6 mois augmente le risque de maladie d’Alzheimer de 30 %
  • Une prise quotidienne pendant plus de 6 mois augmente le risque d’Alzheimer de 60 à 80 %

Sans réussir à le prouver scientifiquement, cette conclusion se base sur des études observationnelles sur près de 9000 personnes de plus de 66 ans suivies pendant 6 à 10 ans. Suite à ces études alarmantes, de nouvelles alternatives thérapeutiques ont vu le jour notamment avec les Thérapies Comportementales et Cognitives. Comparativement à d’autres thérapies, les TCC ont l’avantage d’être brèves, concrètes et basées sur le présent. Par rapport aux anxiolytiques et somnifères qui vont tenter de réduire les symptômes, les TCC essaient d’apporter des prises de conscience, une meilleure compréhension et des changements au niveau des cognitions et des comportements. Cette approche multifactorielle se préoccupe donc autant du bien-être nocturne que diurne et est très utile lorsque l’on recherche à dormir mieux pour travailler mieux et inversement. Pour en savoir plus sur les TCC, nous vous conseillons la lecture de l’article « les thérapies cognitivo-comportementales » ou de prendre contact avec notre psychologue, Françoise Cornette, spécialisée en thérapie cognitivo-comportementale et traitement des insomnies.


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