Dormir peu et ne pas être fatigué ?

Dormir peu et ne pas être fatigué ?

Pendant longtemps, les scientifiques n’ont pas su expliquer pourquoi, alors que pour la majorité d’entre nous 7 à 8 heures de sommeil sont nécessaires, certains peuvent dormir 5 à 6 heures voire moins et se réveiller en pleine forme prêts à gravir des montagnes. Quelques pistes ont déjà été étudiées depuis quelques années et, comme il n’est pas rare que cette capacité que nous envions tous concerne plusieurs membres d’une même famille, tout porte à croire que la réponse à ce mystère se trouve dans nos gènes.

Génétique des petits dormeurs ?

C’est ce qu’ont pensé, des chercheurs de l’université de Californie à San Francisco en 2009 en constatant une particularité dans une famille connue de l’un des chercheurs. Tous les membres de cette famille ont besoin au minimum de 8 heures de sommeil, sauf, la mère et la fille, qui après 6 heures pour l’une et 6h30 pour l’autre sont opérationnelles pour toute la journée.

Les chercheurs ont alors étudié la génétique de cette famille et ont découvert que ces dames étaient porteuses d’une mutation sur un gène dont l’expression, en temps normal, bloque l’expression d’autres gènes impliqués dans la régulation de notre rythme circadien. Cela confirmerait bien l’hypothèse qu’il se passe quelque chose au niveau génétique. Et après avoir provoqué une mutation sur ce même gène chez des souris, le constat a été le même que dans cette famille, certaines étaient éveillées plus longtemps et avaient besoin de moins de temps de récupération.

Puis, plus récemment il a été mis en évidence encore d’autres mutations sur d’autres gènes, et à chaque fois, il semblerait que ces particularités ont toujours une influence sur des gènes de régulation de l’horloge interne.

Or depuis l’été 2019, il y a du nouveau. Cette fois, la mutation concerne le gène codant pour le récepteur β1-adrénergique, qui, lorsqu’il est activé induit l’état de vigilance. Chez les porteurs de cette mutation, le récepteur serait beaucoup plus actif que dans le reste de la population, ce qui expliquerait que les personnes concernées soient vigilantes, plus longtemps, et même plus rapidement sans montrer de signe de fatigue.

Rappelons toutefois que les mutations génétiques n’induisent pas que des profils petits dormeurs. On trouve également d’autres mutations pouvant expliquer certains profils couche-tard ou encore le besoin d’une plus longue période de sommeil chez les longs dormeurs… Il convient donc à chacun de prendre le temps de repérer ses propres besoins et de faire au mieux pour y répondre.

1 https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2884988/

https://www.cell.com/neuron/fulltext/S0896-6273(19)30652-X 

3.https://www.cell.com/cell/fulltext/S0092-8674(17)30346-X

4. https://www.nature.com/articles/mp2011142