Apnées du sommeil : symptômes et diagnostic

Déroulement d'une nuit au centre

Comment repérer les apnées du sommeil ? Sur quels symptômes s’appuyer ? Pour le savoir, les médecins ont un large éventail d’outils, allant de la simple observation par le conjoint à un enregistrement en centre du sommeil (polysomnographie), en passant par des questionnaires ou tests spécifiques. Des critères diagnostics très précis ont été définis et font consensus dans le monde entier.

Apnées obstructives du sommeil : définition

Selon les critères définis par l’American Academy of Sleep Medicine (AASM), l’apnée obstructive est définie par une obstruction de plus de 90 % du flux respiratoire pour une durée supérieure ou égale à 10 secondes associée à la persistance des efforts respiratoires. C’est ce qui d’ailleurs la différencie d’une apnée centrale pour laquelle il n’y a pas d’effort inspiratoire.

On parlera en revanche d’hypopnée obstructive si le débit est réduit d’au moins 50%, ou 30 % en présence d’une désaturation en oxygène de plus de 3% ou d’un microéveil.

Un premier pas, l’observation par le conjoint

Les proches peuvent être d’une grande aide pour détecter certains symptômes comme le ronflement ou les arrêts respiratoires. En effet, les personnes qui souffrent d’apnées du sommeil ne s’en rendent souvent pas compte. Les informations données par le conjoint/la conjointe sont donc précieuses. Beaucoup de patients prennent rendez-vous avec un médecin du sommeil parce que leur conjoint leur a dit que parfois la nuit, ils “arrêtaient de respirer”.

Les critères diagnostiques

Les symptômes

La consultation est souvent la première étape avant d’envisager des examens. Au-delà des conseils d’un médecin généraliste, votre situation peut nécessiter l’avis d’un spécialiste du sommeil. En Suisse, la plupart des spécialistes du sommeil sont à l’origine neurologues, pneumologues, ORL ou psychiatres. Le spécialiste consulté demandera, si nécessaire, les examens appropriés en centre du sommeil.

Afin de poser définitivement le diagnostic du syndrome d’apnées obstructives du sommeil, le médecin du sommeil doit valider des critères précis.

Le patient doit présenter une somnolence diurne excessive non expliquée par d’autres facteurs ou deux des critères suivants également non expliqués :

Symptômes diurnes

1.    Fatigue diurne
2.    Difficultés de concentration

Symptômes nocturnes

1.    Ronflements sévères et quotidiens
2.    Sensation d’étouffement ou de suffocation pendant le sommeil
3.    Sommeil non réparateur
4.    Nycturie (aller uriner plus d’1 fois par nuit)

D’autres symptômes peuvent être présents sans être retenus comme critères diagnostiques : des céphalées matinales, une baisse de la libido ou une impuissance partielle due à la diminution du taux de testostérone, une augmentation des prises alimentaires due à la diminution du taux de leptine, « hormone de la satiété » et à une augmentation du taux de ghréline, « hormone de l’appétit ».

Les critères polysomnographiques

Pour poser définitivement le diagnostic, il est indispensable de réaliser une polysomnographie ou une polygraphie afin d’obtenir des données chiffrées et de définir la présence et la sévérité du syndrome.

La présence d’un syndrome d’apnées obstructives du sommeil est validée à partir de 5 apnées/hypopnées par heure de sommeil. On parle d’index d’apnées hypopnées ou IAH.

Si cet index est compris entre 5 et 15 événements par heure, il s’agit d’un syndrome léger qu’il n’est pas toujours nécessaire de traiter. Entre 15 et 30 événements, le syndrome est modéré et s’il dépasse 30 événements, il est qualifié de sévère.

Si une polygraphie respiratoire peut parfois être suffisante pour diagnostiquer un syndrome d’apnée obstructive du sommeil, il est souvent préférable d’avoir recours à la polysomnographie.

En effet, seule la polysomnographie peut permettre de détecter des troubles associés voire d’autres pathologies du sommeil.

Lire “Le sommeil” page 113 du Dr Haba Rubio

A découvrir : retour d’expérience patient

Tests complémentaires

Dans certains cas, et surtout en cas de suspicions d’autres pathologies associées, des examens complémentaires à la polysomnographie sont demandés. Ils peuvent être pratiqués en centre du sommeil ou à domicile :

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Mise à jour : 2019-12-18