La pharmacologie du sommeil

pharmacologie du sommeilDans un contexte où près d’un quart de la population souffre d’insomnie, les somnifères sont devenus une alternative facile et presque automatique. Cette automatisation de la pharmacologie n’est pas banale car elle peut avoir des effets indésirables sur notre cerveau. La pharmacologie est donc à réserver à des patients suivis par un spécialiste. L’automédication est dans ce domaine particulièrement dangereuse.

Le traitement des insomnies

Les hypnotiques ( classe des benzodiazépines )

Les hypnotiques posent des problèmes à moyen et à long terme :

  • perte d’efficacité objective
  • phénomène de sevrage : effet rebond qui favorise le cercle vicieux
  • somnolence diurne (risque d’accident)
  • pertes de mémoire

Il est donc préférable de ne pas les utiliser dans le traitement des insomnies chroniques. De nombreux patients en ayant consommé sur le long terme développent une pharmacodépendance nécessitant un sevrage progressif souvent difficile.

En fonction du type d’insomnie, on préférera les traitements de la cause, les thérapies douces ou dans certains cas les antidépresseurs, les agonistes de la mélatonine, ou parfois des antihistaminiques. Les hypnotiques sont totalement contre-indiqués en cas de myasthénie, d’insuffisance hépatique ou d’apnée du sommeil.

> Contre-indications et effets secondaires

On peut constater chez certains patients les effets indésirables suivants : somnolence, baisse de vigilance, vertiges, troubles de l’équilibre, sensation de fatigue, sensation de faiblesse musculaire, maux de tête, irritabilité, anxiété, agressivité, excitation, agitation, amnésie, constipation, sécheresse buccale.
Pour une prise à long terme, on peut aussi constater une dépendance avec des possibilités de signes de sevrage en cas d’arrêt brutal, une accoutumance nécessitant une augmentations des doses, une altération des capacités de mémorisation et d’apprentissage.

Il faut aussi impérativement prêter attention aux éventuelles interactions médicamenteuses, à la conduite de véhicule après la prise.
La prise de drogue et d’alcool est contre-indiquée aux patients sous hypnotiques.

La mélatonine

La mélatonine est une hormone produite par notre glande pinéale en l’absence de stimuli lumineux.
Quand une personne a une sécrétion insuffisante de mélatonine, il est possible de lui en prescrire soit à libération immédiate afin de favoriser l’endormissement soit à libération prolongée afin de le maintenir. Des études(1) ont été réalisées à ce propos.

> Contre-indications et effets secondaires

L’utilisation de mélatonine doit toujours se faire sous avis médical et on ne connaît pas encore les effets d’une prise au long cours même si elle semble bien tolérée.
Il est aussi déconseillée de conduire ou d’utiliser des machines dans les 5 heures suivant la prise en raison du risque de somnolence, de perte de vigilance ou de perte d’équilibre.

Faute d’étude sur le sujet, l’usage de la mélatonine est déconseillée aux femmes enceintes et celles qui allaitent ainsi qu’aux enfants.

La mélatonine peut provoquer des nausées, des maux de tête et des vertiges.
Il existe également des interactions positives et négatives avec certaines phytothérapies et avec la fluvoxamine, les anti-coagulants et les beta-bloquants.

La phytothérapie

Les plantes, surtout sous forme d’extraits fluides standardisés (les principes actifs sont ainsi plus concentrés et leur intégrité est préservée), peuvent également aider dans une démarche de reconquête du sommeil.
En prenant impérativement conseil auprès de votre pharmacien ou de votre phytothérapeute, vous pouvez vous orienter vers :

  • La passiflore et la valériane pour leurs vertus apaisantes
  • L’aubépine qui a pour effet de ralentir le rythme cardiaque
  • La mélisse qui favorise la digestion et évite les lourdeurs le soir
  • L’eschscholtzia, hypnotique et sédative
  • La rhodiole, anxiolytique et antidépressive

Les données d’évaluation clinique concernant ces plantes ont été recensées dans un ouvrage de référence, Phytothérapie: les données de l’évaluation

> Contre-indications et effets secondaires

Un phytothérapeute pourra conseiller les plantes les plus adaptées à son patient en tenant compte des éventuels contre-indications et effets secondaires spécifiques à chaque plante.

Le traitement du syndrome des jambes sans repos et des mouvements périodiques nocturnes

Les médicaments

La priorité est de corriger, s’il y a lieu, les facteurs favorisant.

Selon la sévérité et l’origine des symptômes, on pourra utiliser différents types de médicaments :

  • agonistes dopaminergiques
  • dérivés codéinés
  • antiépileptiques
  • le clonazépam de la classe des benzodiazépines

Les compléments alimentaires

Quand la source du syndrome est une carence en fer, le traitement de choix sera la complémentation en fer.

Afin que celui-ci soit bien assimilé, il pourra être accompagné de vitamine C ou bien être ingéré sous la forme de sulfate de fer.

Traitement des troubles liés à la somnolence

On utilisera principalement une molécule stimulante, le modafonil pour traiter la somnolence excessive qu’on accompagnera de traitements complémentaires en fonction de la pathologie.

Dans la cas de la narcolepsie, on pourra prescrire des molécules éveillantes comme le méthylphénidate.

Et en cas de cataplexie, d’hallucinations hypnagogiques ou de paralysies du sommeil, on pourra adjoindre différentes autres molécules.

Dernière mise à jour : 02-04-15

(1)J.E.Jan, If.Espezel, R.E. Appleron, The treatment of sleep disorders with melatonin, Developemental Medicine and Child Neurology, 1994, 36, 97-107