Sommeil et poids

Sommeil et poids

La manque de sommeil augmenterait l’appétit et stimule la prise de poids

Il existe un lien étroit entre le manque de sommeil et le risque d’obésité ainsi d’ailleurs que le risque de développer certaines pathologies comme le diabète (1).

Mais s’il y a effectivement un lien entre manque de sommeil et prise de poids, quels en sont les mécanismes ?

Les scientifiques s’accordent le plus souvent à dire que le phénomène est à la fois physiologique et comportemental.

  • Sur le plan comportemental, le lien est assez facile à comprendre. Le manque de sommeil entraîne le plus souvent fatigue et somnolence. Nous nous sentons plus faibles et avons tendance à moins pratiquer d’activité physique et à grignoter plus souvent.
  • D’un point de vue physiologique, une étude de 2004 (2)  a montré que le manque de sommeil augmente l’appétit et la sensation de faim. Deux hormones régulent notre appétit : la leptine et la ghréline.

La leptine, produite par nos cellules adipeuses, induit notre sensation de satiété et augmente nos dépenses énergétiques. Or quand on manque de sommeil, sa production est fortement diminuée.

A l’inverse, la ghréline, synthétisée par l’estomac stimule notre appétit et réduit notre dépense physique. Et bien sûr, une privation de sommeil augmente sa production.

Un poids excessif induirait des troubles du sommeil

La relation inverse entre poids et sommeil existe bel et bien.

L’exemple le plus parlant est celui de l’apnée obstructive du sommeil. La masse grasse est en excès partout et se retrouve donc également au niveau des voies aériennes supérieures. Ainsi lors du relâchement musculaire qui a lieu quand nous dormons, les voies aériennes s’obstruent plus facilement, provoquant une diminution voire une interruption du débit d’air. Parallèlement, le risque d’hypoventilation (avec, à long terme, des conséquences cardio-vasculaires) est plus fréquent car le diaphragme a plus de difficultés à compenser la charge supplémentaire qu’il reçoit en position allongée.

C’est pourquoi en cas de troubles respiratoires durant le sommeil, l’une des approches complémentaires les plus efficaces reste la perte de poids.

Certaines personnes ont même la bonne surprise de pouvoir se passer très rapidement d’un appareillage après la perte de poids.

Dernière mise à jour : 13-11-14
(1) Effects of poor and short sleep on glucose metabolism and obesity risk, Spiegel K, Tasali E, Leproult R, Van Cauter E, Nat Rev Endocrinol. 2009 May;5(5):253-61. doi: 10.1038/nrendo.2009.23.
(2) Brief Communication: Sleep Curtailment in Healthy Young Men Is Associated with Decreased Leptin Levels, Elevated Ghrelin Levels, and Increased Hunger and Appetite, Karine Spiegel, Esra Tasali, Plamen Penev, and Eve Van Cauter, American College of Physicians, 2004, from p.846